Créer un drive de producteurs ?

Drive de producteurs fermiersVous pratiquez la vente directe et voulez la développer ? Vous cherchez un système plus productif à la vente pour pouvoir passer le temps nécessaire sur l’exploitation ?  Vous avez un point de vente à la ferme et aimeriez le développer avec d’autres producteurs ? Vous faites partie d’un point de vente collectif et songez à proposer un « drive » accolé au magasin ? Vous aimeriez monter un point de vente collectif avec d’autres producteurs mais l’investissement d’un magasin vous freine ? Vous pensez depuis un moment à internet mais ne savez pas quoi faire et comment le faire ?

En vous intéressant à internet, vous trouverez des pistes et des moyens de mettre en oeuvre ces projets de vente directe sur internet. Drive-fermiers.fr a été créé pour aider les agriculteurs à défricher le terrain et éclairer leur chemin.

Vous pouvez déjà vous appuyer sur quelques certitudes qui vous garantiront que vous ne perdrez pas votre temps  à creuser ces sujets et vous rassureront que l’histoire a de grandes chances de vous donner raison si vous le faites bien :

Internet transforme les usages et les modes de consommation dans tous les secteurs (alimentation, loisirs, services, …) et progressivement pour toutes les tranches d’âge et de population

Internet « redistribue les cartes » en raccourcissant partout la chaîne de distribution et en créant les conditions de la vente directe (« direct to consumer » comme ça se dit dans le jargon du web)

Internet mobile (smartphone, tablette) en accélère la propagation et les nouveaux usages. Fin 2014, 35% des achats sur internet ont été fait sur mobile. 33% des Français possèdent déjà une tablette et 64% un smartphone. En 2015, le nombre de connexions internet mobile a déjà dépassé celui sur internet fixe (ordinateur) et ce n’est que le début de la généralisation de l’internet mobile. Un site de vente sur internet qui n’est pas « responsive » (conçu et créé dès le départ pour mobile) est un site obsolète, voué à la disparition. Le consommateur fait ses courses où qu’il soit, le producteur « connecté » fait une « mise à jour du site » & répond à un client dans son tracteur, il poste une photo de ses 1ères courgettes en quelques secondes sur Instagram. Ses consommateurs « likent » « ♥ ». Ils sont connectés. Ce n’est pas de la science fiction. Cela se passe déjà comme ça chez quelques jeunes agriculteurs fan des nouvelles technologies, aussi appelés « ageekulteurs » (contraction de « geek » et d’agriculteur), ayant « pris le virage » avant les autres. C’est comme cela que travaillera la nouvelle génération d’exploitations agricoles.

Commander sur un drive de producteurs locauxContinuons à rester concret pour que cette idée abstraite de la vente sur internet puisse faire son chemin :

Vous faites les marchés ? Imaginez un marché pour lequel vous connaissez déjà à l’avance les clients qui viendront, ce qu’ils achèteront et que vous en avez déjà été payé avant de venir. Vous avez déjà préparé les commandes sur l’exploitation, restez une ou deux heures au point de rendez-vous pour remettre les commandes, et rentrez « camion vide » sans aucun stock résiduel.

Vous avez un point de vente à la ferme ou un point de vente collectif ? Pas facile d’avancer dans son travail à chaque fois que la sonnette du magasin retentit ? L’affluence du magasin est (parfois trop) importante le samedi et insuffisante la semaine ? La productivité à la vente serait bien meilleure si les commandes des clients pouvaient être préparées à l’avance pendant les « heures creuses » ? La mise en place d’un service « drive à la ferme » permet d’apporter des réponses à ces problématiques. En recevant les commandes à l’avance et décidant des jours et créneaux horaires de retrait des commandes, vous allez optimiser votre vente directe, en plus de faire venir de nouveaux clients « pressés » et à la recherche d’une solution de courses « rapide » à la sortie du bureau. De plus, en matérialisant une zone de chargement des commandes devant la ferme et/ou accolée au magasin vous donnerez de la visibilité à votre « drive » et permettrez au consommateur d’apprécier que ses courses soient directement chargées dans le coffre de son véhicule par le producteur lui-même.

Et si vous voulez aller encore plus loin, d’autres producteurs fournissant votre point de vente peuvent devenir à leur tour un « point de retrait » de commandes internet sur leur propre exploitation, offrant de multiples possibilités de retrait pour les consommateurs d’un territoire.

Vous voudriez être en ville mais sans magasin ? Inspirez vous des camions-magasins (bricolage par ex.), des food-trucks (restauration rapide). Les logiques « mobiles » capables de se déplacer facilement sans contrainte de foncier ont un énorme avenir. Avec la mise en commun de vos véhicules de producteurs (réfrigérés et non réfrigérés) vous avez, sans le savoir, la logistique nécessaire. Imaginez qu’une dizaine ou une centaine de clients vous retrouvent chaque semaine, à jour et heure fixe (zone de bureau, centre-ville, axe routier très fréquenté) pour retirer la commande que vous avez préparé pour eux à l’avance sur votre « camp de base » : hangar d’une ferme (avec chambre froide) dédié à la préparation, magasin à la ferme permettant de réaliser le « picking », camion réfrigéré équipé d’étagères pour réaliser la préparation en mode « centre de tri postal mobile ».

Ces exemples concrets illustrent les possibilités offertes par la vente sur internet d’un « modèle drive » fixe ou mobile, plus ou moins abouti. D’autres variantes sont possibles et restent encore à inventer, en fonction des caractéristiques du groupe de producteurs et de leurs objectifs, des caractéristiques du territoire et de la localisation des exploitations, des particularités commerciales des zones sur lesquelles le projet est amené à s’étendre. Bref, c’est « ouvert » pour ceux qui veulent « prendre la main » et maîtriser toute la chaîne de valeur (production, transformation, logistique, vente).

Si vous vous demandez s’il faut faire vite, dites-vous surtout qu’il faut le faire bien. Plusieurs projets de vente sur internet de producteurs ont calé au démarrage ou ont été abandonnés faute d’avoir atteint la « taille critique » par manque de préparation. Faire un petit site internet avec les produits de l’exploitation, un panier, un système de paiement et coller le mot « drive » dessus n’en fait pas un « drive » si tout n’a été pensé et organisé pour en faire une « solution courses » attractive et fidélisante de A jusque Z.

Voir aussi : Besoin de conseils ou d’en savoir plus ?  Questions à se poser avant d’ouvrir un drive de produits fermiers ? | Conditions de succès ?  Comportements et attentes du « consommateur connecté » ?