Quelle viande dans nos assiettes ?

Les menaces qui planent sur les filières viandes refont surface. Un peu comme si nous avions déjà oublié le scandale alimentaire de la viande de cheval dont les lasagnes Findus ont été le détonateur en 2013, il n’y a pourtant pas si longtemps que ça.

Auchan Faches (59) : Viande de cheval de nos régions ... origine ARGENTINE. Pas super rassurant :o)

Hypermarché AUCHAN Faches Thumesnil  (59 – Nord) : Viande de CHEVAL de nos régions … origine ARGENTINE. Y’a plus qu’a faire des lasagnes avec ! :o)

Le syndicat des Jeunes Agriculteurs a lancé une campagne de communication de grande envergure intitulée « VIANDE DE NULLE PART » pour lutter contre le manque de transparence des étiquetage des produits agro-industriels. Cette campagne a fait beaucoup parler d’elle sur le Salon de l’Agriculture.

Sur leur site internet, viandedenullepart.com les Jeunes Agriculteurs expliquent : Nous militons pour rendre obligatoire l’étiquetage du pays d’origine des viandes présentes dans les aliments comme le jambon blanc, lardons… Herta, Madrange, Fleury Michon, Aoste…, derrière ces grandes marques, il y a beaucoup d’opacité. Alors oui… il existe un étiquetage mais qui relève plus du code secret indéchiffrable que de l’information client. Vous ne savez pas de quoi on parle… c’est normal. Certaines marques nous laissent même croire, par des noms commerciaux ambigus, en une fausse origine (Le Bon Paris, par exemple). Pendant que d’autres (voire les mêmes) apposent le drapeau français sur l’emballage, nous laissant supposer que la viande vient d’ici. Et non, raté ! C’est seulement l’usine de transformation qui est en France. Mais la viande alors ? On ne sait toujours pas.

« Viande de Nulle Part » pour dénoncer les mauvaises pratiques d’étiquetage

« Viande de Nulle Part »
pour dénoncer les mauvaises pratiques d’étiquetage

« Viande d’origine connue » pour distinguer les bonnes pratiques d'étiquetage

« Viande d’origine connue »
pour distinguer les bonnes pratiques d’étiquetage

Une sensibilisation politique, des avertissements aux acteurs industriels et de la grande distribution mais surtout des actions concrètes à destination des consommateurs.

Quelle viande boycotter ? Quelle viande acheter ?

Les Jeunes agriculteurs se rendent régulièrement dans des supermarchés ou hypermarchés pour contrôler les étiquetages et apposer un des deux stickers suivants, selon que le pays d’origine de la viande est connu ou inconnu.

Vous aussi, vous commandez des stickers en adressant un mail à contact@viandedenullepart.com

Drive-fermiers.fr est une plateforme collaborative qui encourage les initiatives visant à remettre du bon sens dans notre système alimentaire et encourage les pratiques participatives. Nous soutenons donc cette belle initiative et vous encourageons à le faire aussi. Les Jeunes Agriculteurs n’ont pas les moyens d’arpenter toutes les grandes surfaces en France. Nous pouvons les aider.

 

Une autre actualité concerne les menaces qui pèsent sur le libre échange de filières viandes en provenance des Etats-Unis, issus d’élevages bafouant le bien-être animal et pratiquant l’utilisation abusive d’hormones. Elle aussi, pourrait sans qu’on s’en aperçoive, envahir nos assiettes.

Boeuf+hormones+foodwatchL’organisation Foodwatch lance une pétition contre le TAFTA (traité transatlantique de libre-échange) actuellement négocié par l’Union européenne et les Etats-Unis. Ce projet de partenariat qui menace le consommateurs et aussi la protection de l’environnement. Autant savoir de quoi il s’agit et ouvrir bien les yeux sur ce qui se trame, un peu derrière notre dos.

Du bœuf aux hormones bientôt dans nos assiettes ? Matthias Fekl, secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur et donc concerné au premier chef par les négociations, ainsi que le Ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, affirment que le marché européen restera fermé au bœuf aux hormones américain. Mais au-delà des promesses à court terme, il ne faut pas se voiler la face : le simple maintien de nos standards européennes face aux standards américains serait une catastrophe. Car ces mêmes normes européennes permettent actuellement des pratiques scandaleuses en matière d’alimentation : conditions de vie des animaux dans les élevages, excès d’antibiotique dans les aliments pour le bétail, pollution de l’eau potable par les engrais… la liste est longue. Il faudrait pouvoir améliorer nos standards. Or, cette possibilité – qui a un prix – ne figure pas à l’agenda du TAFTA dont l’objectif est, rappelons-le, de réduire les entraves au commerce et les coûts.

Près de 400 organisations Européennes ont déjà recueilli plus de 1,5 million de signature. Vous pouvez aussi signer la pétition si vous le souhaitez.

Eric Lesage, travailleur indépendant en expérimentation sur les échanges entre producteurs locaux et consommateurs sur internet. Expert web & e-commerce depuis 2001, animateur d'un drive de produits fermiers dans le Nord (59) et créateur de la plateforme collaborative drive-fermiers.fr au service des consommateurs et au service de la réussite des projets internet des producteurs locaux.

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